Montréal, 5 juin 2013 (Sportcom) – David Veilleux a réalisé la plus grande prestation de sa carrière dimanche dernier, lorsqu’il a enlevé la première étape du Critérium du Dauphiné au terme d’une échappée en solo d’une cinquantaine de kilomètres. Cette victoire, jumelée à trois jours passés avec le maillot jaune de meneur sur ses épaules font de lui l’Athlète Sportcom de la semaine du 3 juin.
En terminant premier de cette course, le cycliste de Cap-Rouge devenait du même coup le deuxième Québécois à remporter une étape d’une épreuve de niveau World Tour, exploit qu’avait aussi réalisé François Parisien au Tour de Catalogne, au mois de mars. La différence entre ces deux victoires, et non la moindre, c’est que David l’a signée à la première étape, ce qui lui a permis d’endosser le maillot de meneur.
« Je suis encore sur un nuage, mais je dois me concentrer sur la suite des choses », a-t-il expliqué en entrevue après l’étape de mardi. « Ça fait énormément plaisir à mes coéquipiers de travailler pour moi et je suis content de voir qu’ils se dévouent de la sorte. Nous avons accompli quelque chose de très bien et nous voulons que ça dure le plus longtemps possible. »
Mercredi, David a finalement dû céder son maillot à l’Australien Rohan Dennis (Garmin-Sharp) au terme du contre-la-montre individuel de 32,5 kilomètre disputé à Villars-les-Dombes. « C’est sûr que c’est décevant. Qui ne voudrait pas garder le jaune dans une course de cette importance? J’ai passé trois jours en jaune et j’ai apprécié ces moments. De vivre ça à 25 ans, c’est quand même assez jeune dans le monde du vélo. »
Une victoire au mérite
Si David était jusqu’alors relativement peu connu du grand public avant son exploit, les observateurs de la scène cycliste n’ont pas été complètement surpris de le voir remporter cette étape. En fait, cette victoire méritée à Champéry (Suisse) n’est pas le fruit du hasard selon le principal intéressé.
« Je ne suis pas allé la voler ou elle ne m’a pas été donnée. Je suis allé la chercher! Tous les coureurs qui étaient avec moi dans l’échappée de dimanche se sont fait rattraper ou même fait dépasser par le peloton. »
Le cycliste a été agile dans les descentes tortueuses du col du Corbier et du pas de Morgins. « Les descentes, ça se pratique. Je ne suis pas un descendeur exceptionnel, sauf que je me débrouille bien. J’ai pris des bonnes lignes et j’ai été à l’aise pour bien négocier les virages », soutient celui qui explique son aisance par des stages en montagne, mais aussi grâce à son expérience acquise lors de son séjour aux États-Unis, alors qu’il excellait dans les épreuves de critérium, là où les virages se négocient à haute vitesse.
Les fruits de son travail
Un mois plus tôt, au Tour de Romandie, le membre de la formation Europcar avait fait partie d’une échappée au long cours lors de la première étape. Par la suite, dans les étapes montagneuses, l’athlète de 25 ans avait trimé dur pour s’accrocher à la tête du peloton dans les Alpes de la Suisse romande, lui qui participait à sa première course par étapes du circuit World Tour. Décroché du peloton principal dans deux étapes de montagne d’affilée, David savait que son travail finirait pas être récompensé tôt ou tard.
« Encore une fois, il ne me manquait pas grand-chose pour tenir le coup. C’est un peu tannant, mais je fais de bons efforts et ça va me permettre de progresser », avait-il déclaré à Sportcom après la troisième étape, disputée à la fin avril.
Ses récents résultats vaudront-il à l’athlète d’être retenu pour le prochain Tour de France qui s’élancera le 29 juin en Corse? Possible, sauf que ça reste à déterminer pour l’instant. Et pour paraphraser l’expression bien connue, un maillot jaune, ça ne change pas le monde, sauf que…
« …sauf qu’il y a des coureurs qui ne m’ont jamais regardé et qui maintenant viennent me féliciter. Disons que c’est spécial », conclut David en riant.
Rédaction: Mathieu Laberge / Sportcom