
Du 13 au 20 mars dernier, un duo québécois père-fils participait à la 13e édition d’Absa Cape Epic, une course par étapes de 8 jours présentée en Afrique du Sud. Seuls québécois en lice, Simon Mercier (papa) et Arnaud Mercier (fiston) ne participaient pas à n’importe quelle course ! Pour les non-initiés, disons que Cape Epic est l’une des plus prestigieuses, pour ne pas dire, LA plus prestigieuse course de vélo de montagne sur la planète ! Tous les gros noms y sont présents ! Nos collègues français de Vélovert.com ont même déjà affirmé qu’il s’agit du Tour de France hors route !
Infovelo.com s’est offert une jasette avec Simon, paternel de l’équipe à son retour au Québec, pour en savoir plus sur leur expérience africaine !
Infovelo.com : Pourquoi avoir choisi Cape Épic ?
Simon : C’est la course de vélo de montagne la plus prestigieuse et la mieux cotée ! La réputation de l’organisation n’est plus à faire. Pour te donner une idée, ils construisent une «ville» pour nous traiter aux petits oignons ! Plus de 2000 repas sont servis chaque jour et on mange comme des cochons !
Infovelo.com : Est-ce que c’était votre première course père/fils?
Simon : Oui, bien que nous étions inscrits au Raid Charlevoix ensemble l’an dernier! Arnaud avait finalement décollé très rapidement pour ensuite manquer de jus en fin de parcours. Ça d’ailleurs pris un ajustement pour rouler en duo.À 50 ans, je pars moins vite qu’à 20 ans, j’ai besoin de chauffer la machine !
Infovelo.com : Quel fut le processus pour avoir une place sur la ligne de départ ?
Simon : Nous avons été chanceux, le nom d’Arnaud fut l’un des 8 noms tirés à la loterie. Il faut dire que les 100 places libres chaque année sont comblées très rapidement ! À moins d’être un ancien, le moyen le plus safe d’avoir son laissez-passer est d’être bénévole ! Ça coûte 400 $ pour faire du bénévolat pendant une semaine, mais au moins, la place est ensuite assurée pour l’édition suivante. Beaucoup d’athlètes y accèdent de cette façon ! Il en coûte 6000 $ pour inscrire l’équipe. C’est un trip d’environ 10 000 $ au total.

Le «village» ambulant de Cape Epic
Infovelo.com : Quel fut votre entraînement pour arriver en jambes à Cape Epic ?
Simon : Arnaud s’entraînait 5 à 6 jours/semaine depuis novembre. Pour ma part, en plus de mes activités régulières (je donne des sessions de spinning et je bouge beaucoup), j’ai participé à La Ruta de Los Conquistadores en novembre dernier. C’est sur que comme nous venons d’un «pays froid», il a fallu se remettre un peu dans le bain du pilotage technique quelques jours avant le départ là-bas, faute de sentiers disponibles au Québec ! Un peu comme le faisait Marie-Hélène Prémont dans son cabanon, nous avons tenté de simuler la chaleur à l’entraînement, mais c’est quand même difficile de simuler 40 degrés au Québec en janvier ! Finalement, mon entraînement comptait surtout sur des retraits d’activités ! En effet, pour éviter les blessures, j’ai arrêté de faire de la course à pied, du ski de fond et du ski alpin !
Sans être un cycliste expérimenté, Arnaud est un athlète ayant réalisé les standards canadiens en natation. Pour ma part, je roule depuis fort longtemps et j’aime les épreuves de longue distance. J’ai déjà participé à la Haute-Route des Pyrénées et à celle des Alpes sur route.
Infovelo.com : Avez-vous eu besoin d’acheter beaucoup de matériel avant de participer à l’épreuve ?
Simon : Arnaud s’est offert un vélo de l’année, un Scalpel C2 29er monté sur 1 x 11. Pour ma part, mon Specialized Epic 29 en carbone est plutôt récent alors il fut du voyage. Également monté en 1 x 11 pour limiter les jeux de pouces, j’ai opté pour un plateau de 28 dents à l’avant (j’avais une 32 au Costa Rica et c’était trop gros !). Remarque que les gros bœufs de Cape Epic roulaient avec du 36 dents pour dragons ! Les groupes électroniques étaient également légion ! Bref, ce sont des passionnés qu’on retrouve là-bas et ça investit gros dans sa passion!
Nous avons opté pour des pièces fiables et des pneus résistants. Avec le parcours qui nous attendait, il n’y avait pas de place pour la coquetterie ! À la fin de l’épreuve, nous avions 12 épines de cactus par pneus !
Infovelo.com : Qu’est-ce qui vous a le plus frappé là-bas au premier contact ?
Simon : Les journées sont costaudes ! Toujours 2000 m D+ chaque jour ! Les montées sont difficiles et les descentes rock n roll.
Infovelo.com : Quelles embûches avez-vous rencontrées sur le parcours ?
Simon : Nous avons évidemment vécu quelques chutes bien que nous avons tenté de ne pas trop être cowboys. Notre objectif était de finir, mais ça ne nous a pas empêchés de nous pousser au max ! Arnaud m’a d’ailleurs tiré les derniers jours et évidemment, il m’a aussi tiré hors de ma zone de confort.
Infovelo.com : Avez-vous une anecdote savoureuse relativement à votre aventure ?
Simon : C’est sur que je me suis payé une chute épique ! Mais disons plutôt que nous avons vite réalisé que s’il y avait une place où on pouvait dépasser des concurrents, c’était bien aux ravitos ! En observant le comportement des coureurs, Arnaud nous a monté un petit plan de match après la première journée et nous avons ensuite passé 15 secondes maximum aux ravitaillements, nous faisant gagner de précieuses minutes !
Infovelo.com : Quels sont vos projets sportifs à venir ?
Simon : Nous participerons en duo père-fils à Explore Corsica en vélo de route en mai 2017. Sans être dans la même équipe, nous serons du départ du Raid international Gaspésie en septembre prochain !
Pour ma part, j’ai l’intention de me remettre à courir et de participer à un demi IronMan ! J’aimerais bien participer au Gaspesia 100 également !
Infovelo.com : Cape Epic, c’est pour qui ?
Simon : Tout le monde peut y participer. Évidemment, certains arrivent avec un manque de préparation. Les autres tentent de voir jusqu’où ils peuvent pousser! Mon gars était vraiment plus puissant que moi et je suis allé à l’extérieur de ma zone plus souvent qu’à mon tour!
Une fois là-bas, il faut manger comme des cochons et récupérer le plus possible!
Infovelo.com : Au final, quelle fut votre performance ?
Simon : Nous avons terminé 185 sur 645 équipes. Chez les hommes, incluant les 50 équipes professionnelles, nous avons terminé 103e sur 279 ! Nous sommes très heureux de notre performance et de notre trip !
Crédit photo: Simon Mercier et Cape Epic