
Hugo Houle n’avait pas trop à se préoccuper de ses coéquipiers d’AG2R La Mondiale lors de la neuvième étape du Tour d’Italie, dimanche. L’athlète de Sainte-Perpétue espérait pouvoir faire ses preuves au contre-la-montre individuel dans un but bien précis : influencer les décideurs canadiens lorsque le temps sera venu de choisir les cyclistes qui iront aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro. « J’ai fait ce que j’avais à faire. Cyclisme Canada a toutes les informations pour prendre une décision », a mentionné le Québécois. Houle a parcouru 40,5 kilomètres dans les rues de Chianti en 54 minutes 56 s, pour inscrire le 38e meilleur chrono parmi les 186 cyclistes qui ont pris le départ à l’étape du jour. « J’avais de bonnes sensations aujourd’hui. C’était un parcours super agréable et très technique », a mentionné celui qui a pris le départ dans une averse. « La pluie a compliqué un peu les choses. Nous n’avons pas pu rouler aussi vite dans les descentes, car il fallait faire attention », a ajouté Houle qui a accusé un retard de 3 minutes 11 secondes du vainqueur, le Slovène Primoz Roglic (LottoNi-Jumbo). Roglic (51 min 45 s) s’est imposé avec 10 et 17 secondes d’avance sur les représentants d’IAM Cycling, l’Autrichien Matthias Brandle et le Norvégien Vegard Stake Laengen, respectivement deuxième et troisième. « C’est une journée où c’est difficile de comparer les chronos puisque la majorité des gars qui ont fait les meilleurs temps n’ont pas eu de pluie, tandis que ceux qui terminent plus bas au classement en ont eu plus. Il faut quand même en tenir compte », a noté Houle qui a de son côté eu droit à toutes les conditions. Le Québécois demeure satisfait de son effort. « C’était un contre-la-montre difficile, car il y avait beaucoup de montées et de descentes. Il fallait bien gérer et en général, je trouve que j’ai bien couru. Je me sentais bien et je n’ai pas fait d’erreur. J’aurais peut-être pu aller plus vite dans certains virages, mais je ne voulais pas risquer de chuter à haute vitesse. » Dix-septième à 2 minutes 5 secondes de Roglic dimanche, l’Italien Gianluca Brambilla (Etixx – Quick-Step) a conservé la tête du classement général. Une seconde seulement le sépare de son plus proche poursuivant, son coéquipier luxembourgeois Bob Jungels. Un œil sur le Giro, l’autre sur Rio Une place parmi la délégation canadienne olympique dans la mire, Hugo Houle a pu comparer sa performance du jour à celle des deux autres Canadiens présents au Tour d’Italie, les Britanno-Colombiens Ryder Hesjedal (Trek – Segafredo) et Svein Tuft (Orica Greenedge). Hesjedal, vainqueur du Giro en 2012, a été le meilleur du trio en terminant 33e, à 2 minutes 58 secondes du gagnant, et Tuft a quant à lui fini 111e, à 5 minutes 38 secondes. « J’ai prouvé que malgré mes 25 ans, je suis capable de challenger un gars comme Ryder Hesjedal qui a beaucoup d’années d’expérience », a affirmé Hugo Houle, qui a été seulement 13 secondes plus lent qu’Hesjedal. « Je pense que j’ai démontré que j’avais le potentiel et que je pourrai être l’homme le plus rapide au Canada en contre-la-montre. » Trois Canadiens formeront l’équipe masculine de cyclisme sur route à Rio, mais un seul d’entre eux sera du départ du contre-la-montre. « C’est important pour moi de démontrer que je suis aussi capable de faire du très bon travail sur la route et non seulement au contre-la-montre, a poursuivi Hugo Houle. Depuis le début du Giro, j’ai démontré que j’avais beaucoup progressé dans les cols et il me reste deux belles semaines où je peux encore marquer des points. » Ce sera toutefois jour de repos lundi au Tour d’Italie. Les cyclistes seront de retour à l’action mardi pour la dixième étape qui comprendra 219 kilomètres entre Campi Bisenzio et Sestola. « Il y aura plusieurs cols à franchir alors il faudra rester actif demain pour que ça ne soit pas trop difficile de remettre le moteur en route le lendemain ! » a conclu le Québécois. |