Hawaii ou ordi? Merde, encore devant mon ordi!

Vous aurez deviné que je ne me suis pas qualifié pour le championnat du monde de l’Ironman à Hawaii. Encore une fois, c’est avec un peu de frustration, comme depuis plusieurs années, mais aussi avec beaucoup de plaisir, que je m’installe devant mon ordi pour admirer ceux qui sont là et qui, chaque automne, batailleront pour le titre de champion du monde.

Si vous prenez le temps de lire l’article jusqu’à la fin, je vous dirai les raisons de mon absence à Hawaii. À part de ne pas être assez rapide comme beaucoup d’autres athlètes, j’ai des excuses grosses de même! Mais je n’écris pas pour vous raconter ma vie. Peut-être un peu, quand même. J’écris beaucoup plus pour célébrer les victoires humaines et afin de vous parler d’une autre de mes passions, le triathlon.

En même temps, je profite de cette occasion qui m’est donnée, ici, pour vous faire découvrir ce fameux Ironman Hawaii.

Ils viennent de partout dans le monde, 109 sont de nationalité canadienne dont 19 du Québec. Deux d’entre eux feront un podium dans leur catégorie d’âge (voir la liste et les résultats à la fin de l’article). Si vous pouviez leur demander, « pourquoi faire une telle épreuve? », vous seriez parfois très surpris par les réponses données. Leurs buts et motivations sont propres à chacun et très différents d’un individu à l’autre. Mais un fait demeure, ils sont là pour se mesurer avant tout à eux même.

Bien sûr qu’ils sont aussi au départ pour voir qui sera le ou la plus rapide à parcourir 3,8 km de natation, 180 km de vélo et comme si ce n’était pas assez long, 42,2 km à la course à pied. Ils ont travaillé dur et se sont entrainés des heures et des heures, sacrifié beaucoup et sont, pour la plupart, supportés par des familles et des ami(e)s incroyables.

De plus, des milliers de « twits et maniaques » comme moi prennent le temps, chaque année, pour ouvrir l’ordi et se « loguer » sur le site qui retransmet l’événement en direct. Nous, les « twits », les encourageront silencieusement à distance.

Avec de telles distances, mon ordi sera ouvert pour la retransmission de l’événement, soit environ 15 à 17 heures.

Le départ des pros est à midi trente. heure du Québec. et celui pour les différents groupes d’âge est une demi plus tard, à 13h. Donc, je devrais voir le premier pro terminer l’épreuve aux alentours de 20h30 et le dernier athlète des groupes d’âges, si je reste debout, dimanche matin, à 6 heures, toujours heure du Québec.

Ils ont 17 heures pour terminer l’épreuve. Lorsque le départ des pros sera enfin donné, je serai aussi fébrile qu’un gamin à Noël devant un gros cadeau à déballer. C’est aussi excitant que le botté d’envois du Superbowl. Un Superbowl de 17 heures sans les commerciaux. Yé!

Je ne vous décrierai pas la compétition d’heure en heure car plus de 8 heures de course pour les pros et 17 heures pour les groupes d’âges ce serait long en bibitte.

Ils sont 1850, au départ, dont + ou – 150 professionnels et 1710 athlètes dans les groupes d’âges. Ces derniers se sont qualifiés en terminant dans les premiers de leurs divisions respectives durant la saison dans différents Ironman à travers le monde.

Deux cent, maudits chanceux, d’entre eux ont gagné en participant à la loterie annuelle qui donne la chance à 150 américains et 50 de nationalités internationales le droit de prendre le départ. Lorsque je dis « maudits chanceux » je n’exprime aucune frustration bien que je participe à cette loterie, sans avoir gagné, depuis 1999. Hum, hum!

Cette année, une demi-heure juste avant le départ, une bombe a tombé sur Twitter, Facebook et le site de l’épreuve. La nouvelle sera très majeure. Chrissie Wellington, de l’Angleterre, la favorite et championne des trois dernières années, ne pourra prendre le départ. Elle est tombée malade. Cela prouve également que ces athlètes sont très humains et ne sont pas à l’abri des défaillances. Avant la fin de la journée, nous découvrirons ce qui se passe avec cette championne phénoménale. Elle a, la veille de la course, éprouvé des symptômes de la grippe qui l’empêche de performer à son meilleur. Par respect pour l’épreuve et les autres participantes, elle a décidé de se retirer. Cela ouvrira la porte à une nouvelle championne.

Courage et détermination

Je vous dirai que cette épreuve, chaque année, vient me chercher dans le plus profond de mes trippes. Je suis toujours très ému par cette démonstration de courage et de détermination.

Encore une fois, cette année, j’aurai quelques larmes qui viendront humidifier la pièce. Mes premières larmes seront pour Sharon Colgin qui ne réussira pas, par seulement 24 secondes, de terminer la portion de la natation avant le temps limite. La voir sortir de l’eau en pleurs déclenchera ma réaction d’humidificateur de pièce, car je peux comprendre tout le travail qu’elle aura mis pour en arriver là. Je ne parle pas du 2h20 de nage mais bien des mois de préparation pour se faire dire qu’il te manque 24 secondes pour continuer. Le règlement c’est le règlement.

Le plus drôle, j’humidifierai mes joues à nouveau. Il faut croire que je suis sensible mais, cette fois, ce seront des larmes plus joyeuses. Que voulez-vous? Je suis braillard de nature.

J’apprendrai que Kyle Garlett, un survivant de quatre cancers et un transplanté cardiaque, qui l’an passé avait manqué ce même temps limite, réussira cette année à se rendre à la portion vélo. Par contre, l’équipe médicale devra le retirer de la course dû à des étourdissements et une pression sanguine trop basse durant la portion vélo. Ne vous en faites pas, je n’ai pas pleuré cette fois-ci pour le retrait de celui-ci. Il écriera sur son Facebook ne pas être découragé pour autant et qu’il atteindra son but de terminer un Ironman un jour. Une autre belle histoire et victoire humaine.

La course des pros aura été des plus palpitantes. La course à pied aura été excitante au possible. Je ne regrette pas mes huit heures d’attente devant l’écran. Imaginez vous que suite à 3,8 km de natation et 180 km de vélo et avec + ou – 5 km à faire, deux superbes athlètes, l’australien Chris McCormack et l’Allemand, Andreas Raelert, se sont retrouvés nez à nez ou épaule à épaule pour un bon moment. Enfin Macca se sera détaché de Raelert pour remporter son deuxième Championnat du monde. Ouf !

Voici le podium des hommes :
1- Chris McCormack de l’Australie 8:10:37
2- Andreas Raelert de l’Allemagne 8:12:17
3- Marino Vanhoenacker de la Belgique 8:13:14

La course des femmes sera l’affaire de l’Australienne Miranda Carfrae qui enregistrera le 4e temps le plus rapide de l’histoire. Voici le podium pour les femmes :
1- Mirinda Carfrae de l’Australie 8:58:36
2- Caroline Steffen de l’Australie 9:06:00
3- Julie Dibbens des États-Unis 9:10:04

J’espère vous avoir donné le goût de vous lancer dans l’aventure. Sinon, vous pouvez toujours regarder l’émission spéciale annuelle sur le sujet qui dure une heure trente sur la chaine NBC le 18 décembre prochain. Prévoyez des mouchoirs si vous êtes braillard.

Ah oui ! Je ne vous ai pas vraiment dit pourquoi que je suis devant mon ordi. Pour ceux que cela intéresse, et les curieux, disons que à part de ne pas être assez rapide, j’ai eu deux accidents cette année. Chanceux le mec! Le premier a résulté avec en un pied cassé et je vous ferai fi de l’histoire. Le deuxième a été une vilaine chute en vélo, en juin, au Mooseman 70.3 dans le New Hampshire. Ces deux incidents sont venus un peu perturber ma préparation qui précédait ma participation au Ironman Lake Placid et où je prévoyais essayer de me qualifier.

La chute en vélo me cause encore des problèmes et je me promène avec le syndrome post-commotionnel. C’est comme un « coloc » temporaire qui nous fatigue et qui nous donne souvent mal à la tête. Celui-ci devrait partir bientôt. Je n’ai pas réalisé mon rêve et mon but qui est de me qualifier pour Hawaii. J’ai terminé Placid mais je n’ai pas été assez vite. Je suis au repos pour l’instant mais je reviendrai bien vous raconter mon Ironman Hawaii… un jour.

René Sergerie

Ci-dessous les résultats des québécois en course :
Légende : DSGP- dans son groupe d’âge
AT- au total ou « overall »

FEMME ÂGE 18-24
Julia Reichert, 23 ans de Kirkland 11:28:21 / 1175e AT / 10e DSGP

HOMME ÂGE 20-24
Tommy Dion 22 ans de Sherbrooke 10:31:22, 771e AT, 22e DSGP

HOMME ÂGE 30-34
Patrick Allaire, 32 ans de Montréal 9:36:29, 197e AT, 45e DSGP

HOMMES ÂGES 35-39
Jean-François Perron 37 ans de Sainte-Agathe-des-Monts, 9:51:56 / 352e AT / 71e DSGP
David Durocher, 38 ans du Mont Saint-Hilaire, 9:52:01 / 353 AT / 72e DSGP
Samuel Badeau, 39 ans de Sorel-Tracy, 9:57:59 / 434 AT / 97e DSGP
Marco Buri 37 ans de Saint-Jean-sur-Richelieu, 14:23:37 / 1652e AT / 214e DSGP
Pascal Bouchard, 35 ans de Saguenay, 10:59:52 / 986e AT / 175e DSGP
Anthony Brichieri-Colombi, 32 ans de Montréal, 10:12:20 / 581e AT / 111e DSGP

HOMMES ÂGES 40-44
Pierre Heynemand 44 ans de Notre-Dame-des-Prairies, 9:25:52 / 134e AT /9e DSGP
Marc Flageole 43 ans de Boucherville, 9:38:22 / 216e AT / 22e DSGP
Martin Rouillard 42 ans de Victoriaville, 9:44:57 / 274e AT / 33e DSGP
Derek Theriault 40 ans de Saint-Jean-sur-Richelieu, 10:05:18 / 498e AT / 87e DSGP

HOMMES ÂGES 45-49
Pierre Lavoie 47 ans de La Baie 9:26:03 / 135e AT / 3eDSGP (PODIUM)
Korkut Omur 48 ans de Montréal, 10:53:30 / 940 e AT / 102ièmeDSGP
Barry Horpestad, 49 ans de Sherbrooke13:00:25 / 1499 e AT / 160e DSGP

HOMME ÂGE 50-54
Patrice Kretz 50 ans de Blainville, 9:53:44 / 369e AT / 3e DSGP (PODIUM)

HOMME ÂGE 55-59
Roger Girard 55 ans de Magog, 12:41:44 / 1446e AT / 48e DSGP

HOMME ÂGE 60-64
George Reid 56 ans de Chelsea 11:22:52 / 1142 e AT / 17e DSGP

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