«C’est une belle victoire à mettre dans son curriculum vitae, car ça prouve que tu es un coureur costaud!» C’est ainsi que s’exprimait Jean-Sébastien Perron (Volkswagen/Specialized), après son triomphe, dimanche, à la Classique Garneau-Cascades / Montréal-Québec.
Assis à l’arrière d’un camionette («pour ne pas m’évanouir…»), le vainqueur de l’épreuve (photo), a répondu pendant plusieurs minutes aux questions des journalistes, expliquant que cette course «est assez dure, sur la fin, puisque c’est dans les derniers kilomètres que ça commence à monter».
Perron, avec un chrono de 5h39:58, pour les 242 km de l’épreuve, a devancé Michaël Joanisse (Nativo Concept) et Tim Abercroombie (Garneau-Club Chaussures-Ogilvy Renault). Trois autres coureurs ont complété l’échappée, Derrick St. John (Ride with Rendall), Jean-François Laroche (Probikepool-Kuota) et Keir Place (Planet Energy). Ce groupe avait une avance d’une minute 25 secondes, au pied de la côte Gagnon, au km 233. À ce moment là, il ne faisait plus aucun doute, le peloton ne saurait les rattraper.
«Ça s’est joué à l’approche de Neuville, avant la montée, a expliqué le vainqueur. Jusque là, il y avait eu un très bon travail au sein de mon équipe. Matthew Bell, entre autres, m’a donné un fier coup de main.»
Michaël Joanisse, pour sa part, aurait bien aimé savourer sa deuxième victoire de la saison, dans la région de Québec, après celle du Tour de Québec (1ère étape)… «mais j’avais un pressentiment que Jean-Sébastien allait gagner. On voyait que ses jambes étaient bonnes. Je m’étais pourtant préparé mentalement pour la gagner, celle-là. J’ai même essayé de visualiser ce qui allait arriver, me disant qu’il ne se passerait rien avant le barrage (Gabelle), à mi-parcours. Mais il y a eu une échappée (10 coureurs) avant celui-ci et on a craint, par moments, qu’ils ne s’éloignent. On les a finalement repris…»
Que pensaient les coureurs de cette pluie qui a commencé à tomber, sans arrêt, quelques kilomètres après le départ? «Je préfère courir au soleil mais je me suis promis de ne pas me laisser démotiver par la pluie», a confié Joanisse. «La pluie, pendant cinq heures, ce n’est pas très confortable, mais quand ce n’est pas trop froid, on peut vivre avec ça…», disait, Perron, un coureur de l’Outaouais qui étudie en Génie forestier, à l’Université Laval.
En vitesse
Frappé par un automobiliste, enmars dernier, aux États-Unis, Arnaud Papillon effectuait un retour à la compétition… David Boily, les trait tirés, a connu, de son propre aveu, une course ordinaire. Revenu du Mexique (Championnats panaméricains) il y a quelques jours, il a perdu son passeport, là-bas, et a dû passer de nombreuses heures à l’ambassade canadienne. Une situation stressante qui n’a pas aidé sa préparation… «Tim Abercroombie est un coureur de la Colombie-Britannique que personne ne connsaissait», de dire Louis Garneau. «Il est arrivé hier spécialement pour faire cette course.»… Christian Ouellet (Gaspésien) a terminé au premier rang, chez les maîtres, avec un chrono de 5h43:27… La remise des médailles s’est faite sous une pluie abondante. On n’a pas pris de chance pour les bourses: on est allé à l’intérieur!… Plusieurs participants à la Cyclosportive, à cause de cette pluie, avaient quitté les lieux, quand la course s’est terminée. On comptait sur eux pour mettre encore plus d’ambiance. Malgré tout, il y avait un bon nombre de fidèles spectateurs, acharnés, qui ont tenu à recevoir et à encourager les coureurs jusqu’ à la fin.

Photo Claude Guénette -- Les coureurs ont quitté Repentigny sous un ciel clément. Ça n'a pas duré longtemps! À ce moment, Hugo Houle (Garneau), à droite, ne se doutait pas qu'il chuterait, un peu plus loin. Dans sa chute, il s'est brisé une clavicule «et sa saison est peut-être terminée», a indiqué Louis Garneau. À suivre...
Pour nous joindre: clemelin@sdvmag.com .