La Chine des extrêmes

– Tantôt très pauvre, tantôt très riche.
– L’impression du moyen âge sur un coin de rue tandis que son opposé est futuriste.
– Techologiquement en retard à plusieurs niveaux sauf qu’elle pourrait nous en montrer dans d’autres secteurs.
– Communiste, mais extrêmement consommatrice.
– Fermée à certains égards, ouverte dans bien d’autres.
– Tradition et conservatisme se mélangent avec nouveauté et avancement en tant que société.

En guise de conclusion de cette série sur la Chine, je ne pouvais passer sous silence la Chine des extrêmes. Une phrase entendue sur place a rapidement brisé mes préjugés. «La Chine d’aujourd’hui est copiée sur le modèle américain, la démocratie en moins.»

De quoi surprendre. Même la vieille génération s’y sent quelque peu perdue. Cette génération, à qui les autorités gouvernementales avaient promis qu’elle s’occuperait d’elle. Beaucoup moins certain, en apparence.

La Chine m’est apparue rapidement comme une société qui a du mal à gérer sa forte croissance, démographique, sociologique, technologique et économique. Une Chine qui a visiblement du mal à gérer la trop grande et trop rapide migration des Chinois vers les grandes villes telles Shanghai et Beijing. Deux grands centres qui sont tout à fait surpeuplés.

Comme partout ailleurs, le fossé entre riches et pauvres est énorme et nous apparaît facilement, à l’oeil nu, comme étant beaucoup plus important que chez nous. Un mal que nous avons tendance à associer au capitalisme à l’occidentale. Un mal que nous aurions pu croire mieux encadré et mieux géré à l’intérieur d’un système socialiste, mais il n’en est rien.

Comme quoi, qu’il n’y a pas de système parfait.

Shanghai est probablement la ville où j’ai vu les plus grands écarts entre richesse et pauvreté. De toute évidence, ça sent la richesse à plein nez dans cette ville, mais il suffit d’une ballade aux alentours du vieux Shanghai pour retomber les deux pieds sur terre.

Le soir, dans une rue donnant sur le luxueux district du Pudong, on pouvait y apercevoir un homme se laver dans un trou d’eau en bordure de la rue… Sur la promenade qui borde la rivière face, encore une fois, à ces luxueux gratte-ciel, les images d’un bébé abandonné avec une boîte à ces côtés afin de recueillir de l’argent. Le tout dans une indifférence de la foule de passants. Une scène difficile à voir qui me hantera probablement encore un bon moment.

Cependant, la Chine des extrêmes, c’est aussi un pays rempli de belles choses et d’histoire. Une civilisation très riche, culturellement, qui vaut le détour, qu’il faut visiter malgré ces côtés négatifs. C’est une encyclopédie à ciel ouvert.

La Chine des extrêmes, c’est aussi un peuple à la recherche d’une vie meilleure, comme nous. Un peuple très accueillant qui n’hésitera pas à vous faire signe pour jouer ou danser dans les parcs. C’est un peuple qui n’hésitera pas non plus à vous parler de sa condition de vie et de vous expliquer pourquoi ils font tant de sacrifice. Comme Lily, la tailleuse, qui a dessiné et ajusté mon veston, elle qui travaille 7 jours sur 7, plus de 10 heures par jour, avec une journée de congé par mois. Pourquoi le fait-elle? Simple, pour connaître une vie meilleure qu’à la campagne ou que dans la pauvreté. De toute façon, si elle n’accepte pas ces conditions, des millions d’autres sont prêts à prendre sa place… et ils sont tout aussi qualifiés. Edisson, le serveur du Blue frog de Beijing, économise tout son argent gagné durant les longues heures de travail pour ouvrir son bistro bien à lui. Deux histoires différentes l’une de l’autre qui nous rappellent aussi que nous avons nos rêves bien à nous…

La Chine vit actuellement des changements profonds et très rapides. Pratiquement les mêmes changements que nous avons vécus ici dans les 150 dernières années. Tout cela, à une échelle de temps beaucoup plus rapide. Des changements qui apportent leur lot de contradictions et leur lot de chocs entre les générations. Un bel exemple, ce vieillard que nous avons aperçu en haut des 101 étages de la tour du Centre Mondial des Finances de Shanghai. À l’oeil, l’homme devait avoir dans les 80-90 ans. Cet homme aura vécu le réveil de sa nation et tous ses changements en l’espace d’une vie. De quoi faire peur à n’importe quel être humain.

La Chine, un pays à découvrir et à vivre.

Photo (c) Christian Pouliot

Photo (c) Christian Pouliot

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