Je persiste et signe, malgré quelques années à faire du triathlon longue distance (70.3 et Ironman), le cyclisme pro ne me dit plus rien.
La semaine de relâche aidant, ce matin, j’ai écouté, à RDS, la deuxième étape de la Tirreno-Adriatico. 13°C avec de la pluie, une température merdique. Je lève mon chapeau aux coureurs qui n’ont pas abandonné.
Cependant, regarder cette étape m’a permis, à nouveau, de constater que le cyclisme pro est à la dérive. Depuis quelques années, on dirait que, sur les Tours, c’est toujours le même scénario qui se répète course après course… On regarde un peloton tourner en rond, contrôler la course. Un spectacle aseptisé. En voyant les Sky à l’avant dans les derniers 25 km – «on protège Froome» – j’avais l’impression de revoir ou d’avoir un avant-goût des prochains grands Tours.
Bref, rien pour me donner le goût d’en regarder davantage. Je me souviens, oh, moment de nostalgie, ici, des dernières années de Marco Pantani, des premières années de Lance Armstrong… oups ! Deux belles références me direz-vous.
Mais je me souviens de ce premier contact que j’ai eu avec le cyclisme pro. J’y voyais un festival offensif, un combat en montagne, des explications entre coureurs, de grandes rivalités entre les cyclistes et les équipes… un spectacle tout feu tout flamme. Un combat à finir à chaque Tour !
Puis est arrivé ce qui devait arriver, les courses sont devenues de grandes parades contrôlées par l’équipe de vous savez qui. Par la suite, la recette était donnée à toutes les autres équipes. «Vous prenez le maillot et vous contrôlez la course. » Au hockey, on dirait, vous comptez un but et vous jouez la trappe. Aussi excitant qu’un match des Devils du New Jersey contre le Lightning de Tampa bay.
Rassurez-vous, j’aime toujours le vélo. Rouler sans retenue dans les rangs, dans les montagnes, sur les pistes qui vont dans le milieu de nulle part. Je suis toujours aussi accro à l’entraînement et au matériel.
Mais la course pro, j’ai décroché depuis un bon moment et je n’arrive pas à m’y raccrocher et ce ne sont pas les histoires de dopage qui m’auront fait décrocher, mais la qualité du spectacle. Le cyclisme pro est à la dérive.