Sébastien Rousseau, à 29 ans, est un coureur cycliste polyvalent. Un peu trop, selon sa propre évaluation.
Présent depuis une dizaine d’années sur le circuit élite québécois (route), voilà que, depuis une couple d’années, il se pointe sur la montagne pour y tester ses compétences et son acharnement.
«Rarement sur les podiums, mais jamais très loin, il s’améliore à chaque année», disent les notes que j’ai reçues, à son sujet.
Parmi ses bons coups, il aime bien parler de sa septième position au Tour de Québec 2008, «devant Charles Dionne (9e)», tient-il à préciser. Mais il insiste également sur sa façon de concilier, avec efficacité, le travail (policier à la SQ-MRC de Bellechasse) et le vélo.
Ses objectifs, pour 2009, sont simples: «connaître ma meilleure saison et contribuer à mettre mon équipe en valeur».
Membre de l’équipe Premier Tech pendant quelques années, il a ensuite porté les couleurs de Marinoni Cadence, ce qui lui a permis de tisser des liens étroits avec le fabricant de vélos de Lachenaie. En 2009, il se retrouvera au sein d’une nouvelle équipe (Iris), mais il ne renoncera pas pour autant à son association avec Marinoni, une entreprise pour laquelle il n’a que des bons mots.
Voici, d’ailleurs, le témoignage qu’il nous en livre.
Profession de foi
Au pays des géants de l’industrie du vélo, règne encore une petite compagnie… paisiblement installée dans le quartier industriel de Lachenaie. Ces Gaulois se nomment Marinoni! Ces gens vendent ce qui ne s’achète plus, de nos jours: des vélos pourvus d’une âme… à prix décent!
Tout commence avec une petite tasse d’expresso à la main, évidemment frais sorti de la belle cafetière ittalienne placée bien en vue dans la salle de montre. Dès lors, tout un éventail de choix se bouscule brusquement! Les présentoirs montrent les dernières créations de la compagnie, du plus commercial au plus spécifique, et même un prototype de vélo sur courroie de nylon-carbone.
En tant que coureur, j’ai évidemment opté, depuis quelques années, pour des vélos nerveux. J’ai, ainsi, touché à différents matériaux offerts par la maison, dont les plus communs, le carbone et l’aluminium. J’ai, ainsi, pu bénéficier de la minutie et du professionnalisme de gens comme M. Robert Van den Eynde, pour ne nommer que celui-là! Ces gens parlent de vélo avec un respect et une attention qui est, au départ, quasi difficile à cerner, même pour moi, pourtant passionné de vélo! On sent l’importance du moindre détail. On sait que si on vous vend quelque chose, c’est qu’on y croit vraiment, et pas seulement parce que c’est «tendance». Qu’on vous livre uncadre 100% sur mesure ou semi sur mesure, on prendra le temps de vous positionner selon votre physionomie, mais, aussi, selon les traits qui vous caractérisent comme cycliste, Pas trop souple, les bras trop longs, de gros genoux, pas de problème!
Là-bas, ces matériaux aussi nobles que l’acier et le titane ont toujours eu leur place, car ils savent que les gens les apprécieront encore et encore. Alors que certains constructeurs y tentent un timide retour, Marinoni n’a, pour sa part, jamais perdu de vue l’essence de ce qu’est la construction d’un vélo. On pourrait résumer la chose en disant que chez marinoni, le client est vraiment maître à bord et que c’est sa raison d’être.
Et ce n’est pas tout!
À première vue, sur place, vous sentez que ça grouille, que tout le monde se démène derrière la petite porte qui donne sur l’atelier d’assemblage. Vous sentez que des gens courent partout pour répondre aux besoins des clients et, parfois, c’est même un poil long! Mais ne désespérez pas, on prépare VOTRE vélo. C’est d’ailleurs souvent à cette occasion que surviennent ces moments cocasses qui caractérisent tant cet endroit: «Pépé» (Giuseppe Marinoni) surgit d’on ne sait où avec une anecdote croustillante sur un coureur connu, vous la racontant avec le chandail plein de peinture, le tout avec un cadre à la main! Un employé qui passe par là, se charge de compléter l’anecdote avec une explication plus technique… que Pépé s’empressera de relativiser en soulignant que l’important, ça reste de rouler!
Quand j’ai eu la chance de m’ofrir mon premier Marinoni, j’ai découvert une équipe dévouée et fondamentalement dédiée au vélo. J’ai ainsi eu la chance de mieux connaître les gens là-bas. Dernièrement, je demandais à Paolo (le président), en faisant référence à son équipe, ce qui était vraiment important, pour lui. «Ce qui est important, m’a-t-il répondu, c’est avant tout de bien servir mes clients actuels.» J’ai, ainsi, vu à quel point cette compagnie ciblait des valeurs importantes.
J’en conclue que, pour eux, il est primordial de miser sur le service, sur la qualité, afin d’éviter le piège du marketing et de la production de masse. Là-bas, on se sent important, comme client. Il est permis d’arriver chez marinoni, après une chute, avec votre vélo, et d’espérer en ressortir avec au moins le sentiment que votre vélo, lui, se portera bien!
C’est ainsi que, complétant ma dernière gorgée d’expresso, je quittais, une fois de plus, cet endroit qui donne cette curieuse impression de vouloir y revenir. L’impression de quitter un lieu familier où c’est la vraie vie qui s’y passe, de vrais gens, très humains, avec leurs états d’âme.
Quand on quitte cet endroit, c’est pour mieux y revenir!
– Sébastien Rousseau
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