Toute la journée, j’ai été triste.
Toute la journée, je n’ai pas arrêté d’y penser.
Toute la journée, je me suis répété « ça aurait pu être moi, ça aurait pu être Martin, John, Sylvan, Dominic, Véronique, Geneviève, Gilbert, Fernand, Ivan… »
Toute la journée, j’ai pensé à sa femme enceinte.
Toute la journée, j’ai pensé à ma Mélodie et à mon petit Victor.
Toute la journée, j’ai beaucoup pensé au vélo.
Aux courses.
Aux entraînements.
Aux chutes.
Aux risques.
Toute la journée, je me suis dit à quel point la vie ne tient pas à grand-chose. À quel point, hier matin, au petit déjeuner, Wouter Weylandt était loin de se douter qu’il allait donner ses derniers coups de pédales à vie, lors de la troisième étape du Tour d’Italie.
Toute la journée, assis devant l’ordi, j’ai eu tout de même hâte d’aller faire mon tour de vélo.
Puis, à 17h, j’ai enfourché mon vélo pour une balade au Parc-René-Lévesque. Question de me changer les idées.J’y ai croisé Véronique Labonté.
Ensuite, j’ai soupé. J’ai bu une bière et, peu à peu, j’oubliais, j’oubliais, j’oubliais.
J’ai ouvert mon ordi. Je n’ai pas pu m’empêcher de pitonner cyberpresse.ca/chute.
Et là, ça m’est revenu en pleine face.
J’ai recommencé à y penser.
Au vélo.
Au danger.
À la vie.
À la mort.
J’ai pris mon crayon et, dans un geste libérateur, je me suis mis à écrire.
Pourquoi écrire?
Pour ne pas oublier que la vie est fragile.
Pour ne pas oublier.
De dire à ma blonde que je l’aime.
D’aller voir mon petit Victor dans son lit pour lui raconter une belle histoire.
D’appeler maman et papa.
De ne rien tenir pour acquis.
De participer au Tour du Silence.
Peut-être que mon prochain tour de vélo sera-t-il le dernier?
Vive la vie.
Vivre le moment présent.
Tino