La course s’étire, vous êtes rendu à la phase du : « Qu’est ce que je fais ici? Et je paye en plus! » Les jambes montent et descendent par pur automatisme, la poche arrière de votre maillot générique ne contient que des sachets éventrés et collants de Power Gel; votre bouteille d’eau est vide et en pédalant proche d’un bénévole, vous l’entendez dire dans son CB, juste après votre passage : « OK il vient de passer ».
Pierre Gendron, avec un bagage de 15 marathons, une centaine de courses à pied, environ 450 courses de vélo de montagne et quelques loppets plus ou moins longues, nous propose des chroniques d’humeur et petits comptes rendus pour nous faire vivre le plaisir du sport d’endurance et des lieux où il se pratique.
C’est le verdict, ce bénévole vous annonce que vous êtes dernier. Évidemment on peut toujours sprinter pour aller chercher celui qui vous précède mais c’était le dernier bénévole avant la ligne d’arrivée.
Une course ne peut exister sans un dernier.
Par définition, une course est une épreuve sportive à distance ou temps précisés au départ et qui fait interagir un nombre exact de participants qui visent tous à finir les premiers. La course n’existe plus quand le dernier croise le fil d’arrivée. Le dernier donne son essence même à la notion de course. Grosse responsabilité que tous ne sont pas prêts à endosser.
Les derniers, dans le monde sportif ont plus de mérite que la plupart des athlètes.
– Ils font une bonne partie de leurs courses (les derniers tours) en l’absence complète de spectateurs (donc pas d’encouragements).
– Ils savent très bien qu’aucune reconnaissance de leurs efforts ne leur sera prodiguée à leur arrivée ; à la rigueur, peut-être que l‘animateur va donner leur nom en le précédant d‘un ET FINALEMENT comme : « et finalement, voici le numéro 639″.
– Comme ils ne sont pas « commanditables », d’où leur maillot générique; ce sont les athlètes le plus authentiquement amateurs qui soient.
– Leur mérite est grand de persévérer dans leur course quand, au début de leur dernier tour, ils entendent au loin l’annonceur énumérer le nom des trois premiers de leur catégorie.
– Leur mérite est grand d’arriver aux douches qui n’ont plus d’eau chaude.
– Leur mérite est grand de résumer leur course à un coureur de leur catégorie qui est déjà tout propre, frais lavé et qui pose la question: « Comment a été ta course? » Question que le dernier sait vouloir signifier en fait: « Veux-tu savoir comment à été la mienne? »
Les derniers ont des alliés aussi.
– Les derniers des autres catégories… quand ils n’ont pas déjà quitté le site de course.
– Leur famille qui les encourage car, pendant la semaine, elle est témoin des efforts consentis.
– Les préposés aux ravitaillement qui sont restés au poste pour le sustenter.
– Les bénévoles préposés au parcours qui attendent pour enlever la signalisation et qui les abreuvent de « hop hop hop » , de « looking good« , de « lâche pas » ou le redouté (car trop souvent dit et rarement vrai) « ça descend jusqu’à la fin« .
À la fin de la saison il peut arriver que le dernier décide de continuer, surtout s’il sait que la saison prochaine il changera de catégorie et deviendra alors le plus jeune , le plus hot!
Mais en toute occasion, le dernier arrive toujours en tête de ceux qui ont abandonné !
J’adore!!!
Il faut beaucoup d’humilité pour faire de la compétition 🙂
Bravo!!
»le dernier arrive toujours en tête de ceux qui ont abandonné » J’ADORE!!!!
haha fort. J’aime. Le dernier est un guerrier point à la ligne!
Être le dernier de son groupe ou de tout les participants demandent une bonne dose d’estime de soi. Mais ces bénévoles qui font le piquet pour nous verser un breuvage quand il fait -20°C ça prend de l’abnégation. En course nous avons la satisfaction de dire: » Je l’ai fait » alors qu’en bénévolat je le fais pour qui et pour quoi… ce sont les champions de nos compés.
Merci d’être là pour nous… même dernier.
Le dernier fait du vélo car il aime le sport, le premier….parfaois ce n’est que pour la joie que procure un succès. Chose certaine; on peut ainsi trouver les vrai amoureux du sport….et découvrir en eux des vrai amoureux du sport qu’est la vie.
SUPER TEXTE!