Le Pro Tour sera de passage à Québec et à Montréal, en septembre prochain! La nouvelle était connue depuis un bon moment, mais il y avait quand même une séance de pètage de bretelles qu’il fallait bien organiser, devant les grands médias, jeudi, à Québec, à Montréal et à Ottawa.
Les petits, comme SDV*MAG, qui a produit et publié plus de textes sur le vélo que tous ces médias rassemblés, au cours de la dernière année, n’ont pas été invités. Peut-être qu’on finira par découvrir que les médias électroniques existent, même au Québec…
Ceci étant, deux courses cyclistes d’envergure réunissant les meilleurs coureurs de la planète, à Québec (10 septembre) et à Montréal (12 septembre), précédées d’une course U23 (9 septembre), c’est du jamais vu!
Tous les paliers gouvernementaux contribuent à l’organisation de ces courses qui donneront une visibilité exceptionnelle aux deux villes québécoises. Si tout se passe comme on l’a prévu, ces épreuves reviendront chez nous à répétition. Merveilleux!
Mais, avant de se laisser emporter par l’enthousiasme et l’hystérie qui accompagne souvent ce genre d’annonce, il faut souhaiter que ces courses ne porteront pas ombrage aux autres organisations qui bûchent depuis des années pour se faire une place, dans le paysage québécois. Les commandites vélo vont aller où, vous pensez, l’an prochain?
Va pour l’effet d’entraînement, va pour le «trip» que les jeunes vont vivre en voyant, dans leur cour, les plus grands coureurs professionnels, dont quelques québécois (Rollin et cie), mais je crains qu’il n’y ait plus beaucoup de place pour les autres.
Pisse-vinaigre? Les gens qui me connaissent savent ce que j’ai fait… et ce que je continue de faire. Mon dévouement pour la cause cycliste n’est plus à prouver. Je veux juste que, parfois, on pense aux petits, aux jeunes qui en ont tellement besoin.
Y avez-vous pensé, y’a pas de club cycliste junior, en Abitibi! Cette région est pourtant, toutes proportions gardées, le plus grand réservoir de coureurs du Québec! Raison? L’argent, bien sûr.
Les gouvernements vont consentir près de 4 millions$ pour deux jours de course et certains jeunes, pendant ce temps, devront abandonner le vélo, faute d’argent. Car, voyez-vous, dorénavant, ça prend obligatoirement le vélo griffé à 4 ou 5000$, les camps d’entraînement dans le Sud, en hiver, les entraîneurs personnels, le rouleau d’entraînement à 800$… sans compter le coût des déplacements, pendant la saison.
Où est-ce qu’on s’en va? Je ne veux pas trop y penser. Mais j’ai quand même ma petite idée…
Pour me changer les idées, vendredi, je vais à Sherbrooke, visiter l’usine Arkel, où l’on fabrique des sacoches de vélo. J’espère que Paul McKenzie saura raviver mon enthousiasme…
Pour nous joindre: clemelin@sdvmag.com .
Tu n’as pas tort, Christian… Mais peut-on être optimiste, retourner la médaille une fois de plus et espérer un « retour de balancier » suite à ces événements majeurs, à savoir une plus grande sensibilisation de tous et des médias en particulier à la cause cycliste, ce qui ne pourrait que nous bénéficier à moyen terme?
Christian, je pense que tu as raison, la médiatisation du cyclisme ne peut pas nuire de façon générale.IL n’y a qu’à voir ce qu’a produit le «phénomène Lance Armstrong» depuis 10 ans tant chez les jeunes que les plus vieux.Si je ne m’abuse le membership de la FQSC n’a cessé d’augmenter de 2000 à 2007 dans la catégorie développement.Mais il faut tout de même s’inquiéter des coûts toujours croissants de ce sport chez les jeunes en période de crise et de quelques années maigres à venir au plan démographique.À ce chapitre, le Pro tour n’y pourra rien. À quand un vélodrome intérieur à Montréal, ça serait une bien plus grosse nouvelle que la venue des Pro.
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Suggestion? À chaque dollar investi par les divers paliers de gouvernement dans les «gros événements» de vélo, on investit le même montant dans le relève.
Et le vélodrome intérieur… ça presse. Dans le meilleur des mondes, il en faudrait deux!
Autre ajout… en me réveillant, ce matin, je me suis rappelé les écrits de Joseph Stiglitz (La Grande Désillusion), prix Nobel d’économie, qui ne croit pas, mais vraiment pas, à l’effet de ruissellement (bâtir par le haut) dans le développement d’une économie saine et durable. Quand on construit une maison, on ne commence pas par le toit. Même chose pour une discipline sportive.
Vous vous êtes trompé de titre Christian. Ce n’est pas ‘l’autre côté de la médaille’ mais bien l’autre côté de la pièce de monnaie qu’il faudrait dire et cette pièce finit par tomber quelque part peu importe de quel côté. Tout comme vous je m’inquiète pour la relève. Ceux qui auront suivi le circuit sur route de la relève cette année auront remarqué qu’il y avait moins de Pee-Wee que de minimes. Est-ce normal? Je ne sais pas mais il faut se poser la question. Que penser maintenant du cyclisme au féminin? Au championnat québécois en Beauce, il n’y avait pas 15 filles pee-wee au départ des courses. Combien d’entre elles se rendront au niveau junior et dans quelles conditions? Heureusement, pour 2010, il reste quelques clubs qui croient encore au développement de ces athlètes mais pour combien de temps? Les fondations du sport cycliste au féminin sont érodées. Est-ce que tout l’argent investi pour la venue du pro tour servira leur cause? J’en doute!
P.S. L’athlète cycliste ayant remporté le plus de titres mondiaux et médailles olympiques est Madame Jeanie Longo. Pour ma part, la seule athlète olympique qui m’a fait réellement vibré est Mme. Clara Hughes.
Parfaitement d’accord avec tous les commentaires précédents.La fréquentation aux courses développement particulièrement chez les PW et chez les filles est un réel problème sur lequel la FQSC et le milieu du cyclisme devra se pencher rapidement afin de renverser la tendance.Les cause du problème sont complexes, il y a l’investissement en argent et en temps exigé des parents,il y a la concurrence des nouveaux sports comme le BMX qui sont soutenus par un marketing agressif et finalement à mon avis, nous sommes au prise avec un creux démographique observable chez les 12 ans et moins.Enfin la liste n’est pas exhaustive, il faudra donc être créatif pour résister à cette vague et je pense que l’implantation d’un (ou plus) vélodrome intérieur couplée d’un bon programme d’initiation pourrait susciter un nouvel enthousiasme. Et peut-être que le battage publicitaire entourant la venue du Pro Tour attirera des jeunes, ça sera à nous de les retenir par la suite.