Le rapport de course: Ironman Lake Placid

Après deux ans de préparation, 4 événements Ironman 70.3 (demi-Ironman pour les non-initiés) en 10 mois, une nouvelle équipe, un nouveau groupe d’entraînement, nouveaux entraîneurs et beaucoup d’effort physique, je suis maintenant un Ironman.

4h30
Après une étonnante nuit de sommeil, le stress est à son minimum. L’habitude des compétitions commence à faire son effet. Je sais que j’ai fait tout ce qu’il fallait pour y arriver. Bien honnêtement, la distance fait peur, mais qu’est-ce qu’on peut y faire à quelques heures avant le départ. Il ne reste seulement qu’à se rendre à la ligne de départ et se mettre au travail en espérant le mieux. Bien entendu, je ne peux débuter cette journée sans mon breuvage matinal préféré. Un bon café. La plupart des gens vous diront que le café déshydrate, mais si vous avez l’habitude de boire un café en début de journée, ne brisez surtout pas cette habitude.

René Sergerie, Christian Pouliot et Stéphane Pratte

René Sergerie, Christian Pouliot et Stéphane Pratte

Natation: 3,8km
7h00, c’est le départ. Je me suis positionné juste derrière les plus rapides et devant ceux qui attendent que la machine à laver passe. Problème! Après quelques coups de bras, je me retrouve directement dans le gros du trafic. Je me dis, pas de problème ça va durer 1km, 2km tout au plus. Erreur, à la suite du premier tour (+/-2km), je me suis retrouvé à l’extérieur du groupe et je sentais que la traction de l’eau rendait les choses difficiles, j’ai donc décidé de retourner faire un tour de machine à laver. J’ai reçu plusieurs coups, j’en ai donné quelques-uns. Un véritable combat pour déterminer le plus fort. L’effet de groupe dans l’eau est relativement magique si on peut endurer les coups. J’ai fait 1:16 sans déployer trop d’effort. Note à moi-même, la prochaine fois on se met en avant et on attrape un groupe de tête en partant. On paye le gros prix les 5-600 premiers mètres et ensuite on garde le rythme et on se laisse tirer. Ça devrait faire moins mal en fin de compte.

Frais comme une rose après 90km

Frais comme une rose après 90km!

Vélo: 180km
La première transition s’est faite relativement rapidement et sans histoire. Je suis sorti pratiquement frais comme un rose de l’eau. La première portion du parcours qu’on appelle la sortie de la ville est un mélange de plats et de montées. J’ai bien pris soin de me contenter de suivre la parade. Rien ne sert de se casser les jambes en partant. La suite des choses s’est précipitéée drôlement par la suite avec la fameuse descente de plusieurs km et le plat qui longe la rivière. Tellement que, pour les premiers 45km, j’avais une moyenne de plus de 36km/h. La balance du parcours est cependant beaucoup difficile. Plus de 30km de montées avec un vent de face avec de bonnes rafales.  Un premier tour quand même rapide à un peu plus de 31km/h. Le second tour fut tout aussi facile que le premier. Pendant la première partie, j’en ai profité pour manger et couper quelques vitesses, la descente tout aussi rapide, j’ai pris soins de regarder le paysage et de couper une ou deux vitesses sur le plat afin de ne pas « sauter » dans la montée ou sur le marathon. Dans la montée, j’ai aussi coupé l’effort de peur de me brûler les jambes. Malgré ces petites coupures de régime, je suis arrivé à la seconde transition avec un temps de 6:08:00 soit un peu plus de 29km/h de moyenne. Surprenant.  C’était une température parfaite pour mois. Entre 22 et 24 degrés sans soleil avec quelques grains de pluie par endroits. Je n’ai pas surchauffé.

Course à pied: 42km
La seconde transition fut par contre un peu plus difficile, la fatigue se sentait un peu et j’ai été quelque peu malhabile à me changer et me remettre en marche. Merci au bénévole qui m’a donné un petit coup de main pour m’aider à en sortir le plus rapidement que possible. «The way out is there my friend, good luck!»

Mon premier objectif était de terminer ce Ironman, le second, d’avoir un bon premier demi-marathon. Curieusement, je n’ai pas marché un seul kilomètre de ce marathon et j’ai gardé passablement le même rythme du début à la fin avec une légère accélération sur la fin. Mon troisième objectif, et non le moindre: je voulais arriver sous les 14:00:00 et battre le temps de ma petite soeur (résultat obtenu l’an dernier). Après le premier 21km, non seulement je savais que j’allais battre ce temps, mais que je me rapprochais drôlement du temps du beau frère (12:34:00). Bien honnêtement, je croyais que ce serait impossible avant le départ de la course. Sur le second 21km, les jambes faisaient mal, la fatigue était bien présente et, bien honnêtement, je croyais que j’allais casser avant le km 30. Rendu au dernier 10km, je savais que mes 3 premiers objectifs étaient atteints. J’avais un gros sourire dans la face et je ne sentais plus rien. La douleur était inexistante, le temps s’était arrêté, je profitais simplement du moment. Dur à croire quand on n’y est pas, mais j’étais sur un nuage. Une expérience mémorable. J’étais seulement trop content d’être sur le point de terminer mon premier Ironman. Je me sentais littéralement transporté.

Dans les derniers 5km, c’est là que j’ai vu que la barre des 12:30:00 était possible. Je me suis mis à accélérer. Toujours avec le sourire dans la face. La réalité est cependant revenue rapidement dans le dernier km qui a été un des plus douloureux de ma vie. Je voulais ce 12 heures 30, j’ai tout laissé sur cette rue. Mes jambes et le peu d’énergie qu’il me restait.

I'm an Ironman!

Résultat: 12:29:17.

Et maintenant?
Ma saison de triathlon est passablement terminée. Un ongle qui est sur le point de tomber, celui du gros orteil, (rassurez-vous, ceci n'a rien à voir avec une mycose des ongles) je ne me vois pas compétitionner avant 6 à 8 semaines. Au Québec, 6 à 8 semaines, il n’y a plus rien. Le budget course à l’extérieur est passablement vide et les points famille sont définitivement en dette! Donc, quelques semaines de repos actif aideront à la préparation de ma blonde pour son prochain demi-marathon, une fin de semaine de vélo de montagne avec les potes et peut-être le Xtrail Asics du mont Orford le 16 octobre… si le pied me le permet. Entre temps, le rendez-vous chez le Tatoueur est pris pour mon « M dot » que j’attends avec impatience depuis quelques années!

L’an prochain, j’aimerais me faire une saison complète de distance olympique à la maison et 2 demi-Ironman. Magog et Montréal. Ensuite, définitivement Ironman Floride en novembre. Une saison partiellement sur le plat et on travaille la vitesse! Ça va faire du bien!

Voilà, je suis un gars de tous les jours qui avait un rêve, je me suis donné les moyens de le réaliser et j’y suis arrivé.

Gros merci spécial à:
– Ma blonde Valérie-Ève qui s’est occupée de la maison et des enfants durant plus d’un an plus souvent qu’à son tour.
– Le Rouge et Or, mon club de triathlon et les coachs qui m’ont fait progresser.
– Jimmy et la boutique le coureur nordique pour les cliniques de course à pied
– Les amis chez Kino 2, Bruno, Andrew, Nick, Dan, FX, Bernard, ma petite soeur Annie qui est Ironman avant moi et son conjoint Terry pour leurs présence, support et conseils.
– Cycle Marinoni qui m’a préparé toute une machine de course pour ma saison (un TT Rewind).
– Les potes que j’ai négligés dans les derniers mois et qui m’ont supporté.

La gang de Kino2 avec qui j'ai encore passé le week-end. Christian (moi), Bernard, Fx, Andrew, Nicolas. Merci aux parents de FX pour cette petite fête d'après course! Fort apprécié.

La gang de Kino2 avec qui j'ai encore passé le week-end. Christian (moi), Bernard, Fx, Andrew, Nicolas. Merci aux parents de FX pour cette petite fête d'après course! Fort apprécié.

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