Les cyclistes qui s’apprêtent à sortir le vélo du cabanon n’en ressentent peut-être pas l’urgence, mais chez les intervenants du milieu touristique, on veut aller de l’avant, pour atténuer les difficultés que pourrait provoquer l’actuelle crise économique.
Si le vélo et, conséquemment, le cyclotourisme servent de refuge aux québécois et aux touristes de l’extérieur, dans le choix de leurs destinations estivales, la croissance de cette activité ne règlera pas tout. Loin de là.
Ainsi, le réseau des associations touristiques régionales (ATR) du Québec voit, en la reprise des travaux parlementaires, l’occasion d’interpeler les instances gouvernementales pour la mise en place d’un plan d’action concerté qui permettrait de remédier aux effets de la crise financière et économique qui touche l’industrie touristique dans toutes les régions du Québec.
Le réseau des ATR du Québec demande, entre autres, un investissement de 12,5 millions $ par année, pour deux ans, pour faire la promotion du Québec sur les marchés locaux et étrangers et une bonification de 5 millions $ par année, pour deux ans, sur les ententes de partenariat régionales en tourisme pour le programme de développement de l’offre que les ATR ont signées avec le ministère du Tourisme en octobre 2007.
Les ATR ont déjà répertorié plus de 40 programmes, à travers différents ministères, qui pourraient être rapidement mis à contribution pour participer à la relance rapide de l’industrie et les adapter aux réalités des entreprises et de chacune des régions et de simplifier les démarches pour y avoir accès.
Peut-on, à quelques semaines de la saison estivale, prendre, rapidement, des mesures pour renverser les tendances actuelles ou atténuer les dommages provoqués par la crise?
C’est ce qu l’on souhaite.
L’industrie touristique, au Québec, n’a cessé, ces dernières années, de subir les contrecoups de nombreux événements malheureux: septembre 2001, le SRAS, la guerre en Irak et en Afghanistan, la hausse fulgurante du prix de l’essence… Ceci a provoqué la stagnation des recettes touristiques à environ 10 milliards de dollars.
«Le passage à travers la présente crise économique se verra d’autant plus facilité, si les régions et les entreprises se sentent soutenues, si les initiatives réussies sont partagées, si la confiance est rétablie ou maintenue parmi les entreprises touristiques et leurs travailleurs», mentionne Jocelyn Carrier, président d’ATR associées du Québec.
Industrie majeure
Le tourisme est une industrie majeure, pour le Québec, avec
30 079 entreprises et plus de 10 MM $ de recettes, des retombées économiques considérables et des ramifications dans toutes les régions du Québec, notamment sur le plan de l’emploi: 133 700 emplois directs (147 300 en haute saison) et 53 480 emplois indirects.
Les ATR associées soulignent que le contexte économique et financier nécessite des gestes d’exception et d’une nouvelle envergure, inscrits dans une stratégie d’intervention globale et concertée.
Les ATR réclament donc la création d’un comité stratégique de l’industrie touristique québécoise, la mise en place d’une veille touristique afin de suivre de près l’évolution du contexte économique et de pouvoir
réagir rapidement en ajustant le plan d’action proposé en fonction de l’évolution des tendances économiques.
Les vingt-et-une ATR regroupent plus de 10 000 entreprises et organismes de tous les secteurs d’activités de l’industrie touristique.
Concertation aidant, on pourrait activer voire même devancer certains projets comme, par exemple, la jonction entre le Parcours des Anses, à Lévis et la nouvelle piste cyclable qui va de Saint-Henri à Armagh, dans Bellechasse. Pourquoi pas?
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