8 juillet 2009, demande à GESTEV permission d’atterrir au ravito 4 pour installer un stand de lubrification Marvenshop: permission accordée. Super! Comme le mois de juillet est pratiquement sous la pluie depuis le début, je suis mieux de me préparer au pire.
Deux jours précédant le Raid Vélo Mag, je regarde la météo: un nuage avec des p’tites gouttes d’eau. Me semble que j’ai déjà vu ça à quelque part! Mais bon, ce n’est pas moi qui vais y goûter le plus. Soudain, un grand vide s’empare de moi, je n’ai pas de tente d’équipe. Oups! Que faire? J’appelle mon ami Jean-Marc, chez Vertige, à Sainte-Anne-de-Beaupré.
S – Salut Jean-Marc, j’ai un p’tit problème, y’annonce juste 90% de probabilité d’averse pour samedi, au cas où y pleuvrait, aurais-tu une tente à me prêter?
J-M – Pas de problème, j’ai une belle tente Kona qui pourrait faire l’affaire.
S – Super, je vais la chercher.
Kona, ce n’est pas ma marque, mais bon, on ne peut pas tout avoir. Je ne ferai pas mon difficile, pour cette fois-ci.
18 juillet: Hé bien oui, il pleut et pas juste un peu, on décide donc de monter moi et mon fidèle acolyte Jonathan au village “Viking” (ravito 4) à 60km du départ. On installe la tente et on en profite pour piquer une jasette avec les résidents-bénévoles, qui, soit-dit en passant sont très sympathiques.
De retour à notre poste, les premiers coureurs commencent à passer, 2h40 après le départ. Je dis bien passer, ils n’arrêtent même pas, prennent une banane sur le fly, nous regardent avec leurs grands yeux blancs l’air de se dire «qu’est-ce que je fais icitte?».
Étrangement, ils ont tous le visage de la même couleur, «brun», les vélos également. Il se passera près de 30 minutes avant qu’ils arrivent en masse et prennent le temps de s’arrêter. C’est à ce moment que notre travail commence. On décide de changer d’endroit et de s’installer près d’une source d’eau où deux gentils bénévoles nous aideront en rinçant les vélos pour que nous puissions mieux les lubrifier. Je cède donc la tente à l’équipe de premier soin qui, selon moi, sera plus confortable… sans la pluie.
Les vélos se chevauchent les uns après les autres pendant près de trois heures. Une quantité phénoménale de bris mécanique, freins inexistants, câbles bloqués, dérailleurs pliés, bref, ça n’arrêtait plus. Il y avait du sable partout, les chandails d’équipe n’étaient pratiquement pas lisibles. Un coureur me dit: «Aille man, comment y reste de millage avant la fin? J’ai pu de brake». 17 km, lui dis-je, en lui expliquant le trajet pour qu’il puisse savoir à quoi s’attendre tout en tâtant ses freins. Effectivement, absence totale de freins, je lui ai dit que ce serait plus sage s’il s’arrêtait ici vu ce qui l’attendait. «Pas grave, répondil, j’vas braker avec mes pieds.» Le temps de me retourner et il était déjà reparti!
Première fille à passer le ravito 4, Audrey Julien, qui terminera à 15h07 soit à 5h07 après le départ, ce qui lui vaudras la première place du podium féminin.
Vers 15h30, une accalmie se fait sentir, un représentant de GESTEV me dit qu’à 16 heures le raid s’arrêtera. Il est sûr que s’ils ont pris 6 heures ou 4 heures (pour le petit raid) pour se rendre ici, ils n’auront pas le temps de se rendre à l’arrivée. De toute façon je regarde les derniers arrivant et je me dis «y sont mieux de s’arrêter». Je crois maintenant que je sais ce que veux dire être «toasté». Ce qui est quand même incroyable est que j’en ai vu passer avec des vélos à 300$, et ce, pour le gros raid, s’ils se sont rendus ici, combien de gens se sont essayé avec des vélos de même gamme et ont dû abandonner? Quelques-uns ont fait le petit raid (34.5km) et sont arrivés vers 16 heures à notre ravito. Ouf, ils ont juste fait 17.5km en 4 heures. Mais bon comme ils disent, l’important, c’est de participer.
Deux accidents sont survenus pendant le raid, ce qui a nécessité l’intervention des ambulanciers, aux dires des coureurs qui nous ont prévenus de l’accident. Ils auraient quitté les lieux sur une civière tout en étant branchés à l’oxygène et dans un très piteux état. Selon GESTEV ce ne serait que des blessures mineures, douleur au bras et à la clavicule. Seulement deux accidents, c’est très étonnant étant donné la quantité de participants et les conditions météorologiques.
Ce fut une très belle journée malgré le temps pluvieux, aucun coureur ne s’est plaint du mauvais temps, sauf peut-être ceux qui ont dû abandonner pour bris mécanique.