—————————–
Taylor Eisenhart gagne le Tour de l’Abitibi 2012
—————————–
ROUYN-NORANDA – C’est sous un soleil de plomb que se déroulait le départ de la septième et dernière étape de cette 44e édition du Tour de l’Abitibi. Les coureurs se préparaient fébrilement à affronter les derniers kilomètres de route qui reliaient la petite municipalité de Mont-Brun à Rouyn-Noranda. Les coureurs devaient ensuite compléter 10 tours d’un circuit urbain de 5,4 kilomètres.
Le peloton a été relativement tranquille en première moitié de course. Les coureurs, appréhendant une fin de course difficile, semblaient vouloir économiser leurs forces avant d’entamer les vraies hostilités. Un seul cycliste a choisi de ne pas s’en garder sous la pédale et d’y aller le tout pour le tout avec deux attaques et deux échappées de plusieurs kilomètres. Me voyez-vous venir? Je ne risque de surprendre personne ici en nommant le nom d’Olivier Miclette, de l’équipe du Québec.
Malgré ses efforts acharnés, il n’a pu fausser compagnie au peloton assez longtemps pour entamer le circuit urbain en tête. À ce moment, par contre, le peloton n’était pas regroupé pour autant. Un groupe de sept coureurs a réussi à s’en détacher et a franchi la ligne d’arrivée pour la première des dix reprises avec une avance de 36 secondes. Avec trois coureurs de l’équipe des Etats-Unis, dont le porteur du maillot brun, le groupe devenait une sérieuse option pour la victoire. Aucun Québécois ni même Canadien n’était présent dans ce groupe de fuyards. Malgré les efforts de l’équipe du Québec et de celle du Canada pour tenter de revenir sur l’échappée, l’avance de ceux-ci ne cessait d’augmenter à chaque tour. À les voir aller, difficile d’imaginer un autre scénario. Taylor Eisenhart arborait confortablement son maillot brun à l’arrière du petit groupe et dirigeait ses deux domestiques tel un quart arrière en quête du Superbowl. Fidèle à eux-mêmes, ces derniers ont d’ailleurs accompli un travail phénoménal pour leur leader, qui tout au long de la dernière semaine, a démontré qu’il était un coureur de grand talent. Gageons que nous reverrons bientôt Taylor Eisenhart dans une formation WorldTour d’ici quelques années.
Eisenhart remporte donc le Tour de l’Abitibi 2012 avec une avance de 1 minute 03 secondes sur son compatriote, Alexey Vermeulen. Alexander Darville (EU), quant à lui, remporte la course au point et son distinctif maillot orange. Geoffrey Curren, également des l’équipe des Etats-Unis, met la main sur le maillot bleu de meilleur jeune. Eisenhart trône également au sommet du classement de la montagne, à égalité avec le Guatemaltèque Romeo Daniel Quicibal Estrada. Le coureur québécois le mieux placé au classement général est nulle autre que Yohan Patry, qui prend le 13e échelon accusant un retard de 3 minutes 12 secondes sur le gagnant. Il est immédiatement suivi par son coéquipier Olivier Brisebois, qui prend la 14e place, 11 secondes derrière Patry.
Quelques autres honneurs individuels
Suivant la dernière étape, le traditionnel gala de remise des prix avait lieu en soirée après le cocktail de fermeture. Olivier Miclette a remporté le prix du coureur révélation, alors qu’un autre québécois, Raphaël Gagnon-Gascon, de la formation Spidertech p/b Powerwatts se voit décerner le trophée du coureur le plus courageux. Brandon Etzl, du Canada, est le récipiendaire du prix Gentilhomme, Miguel Bryon est le plus combatif, alors que les Abitibiens Marc-Antoine Soucy et Samuel Gagnon remportent respectivement le prix du meilleur Abitibien et le coup de cœur du public.
Une 44e édition réussie
Malgré la perte de leur statut de Coupe des Nations, l’organisation du Tour de l’Abitbi a su une fois de plus livrer la marchandise et nous offrir une course digne de ce nom. Bruno Gauthier, vice-président du Tour, se dit très heureux du résultat : « La course s’est déroulée de manière impeccable. Toute l’équipe travaille très fort chaque année pour mettre sur pied l’événement et on fait tous du bon travail. Les spectateurs ont apprécié, les coureurs et les entraîneurs aussi et nous avons eu du plaisir à travers tout ça. Donc, on peut dire que c’est mission accomplie ! »
Chose certaine, on tentera de réutiliser la même formule l’année prochaine, alors que le Tour aura lieu encore une fois à Rouyn-Noranda. Le maire de Rouyn-Noranda, Mario Tremblay, est d’avis que les choses ne peuvent que s’améliorer : « Cette année, nous avons essayé de nouvelles technologies et ça augure bien pour que la prochaine édition soit encore meilleure. On prend deux semaines de vacances et on recommence déjà à se préparer pour l’an prochain. »