Tomber en vélo ça magane le Jell-O !

 Qu’ont en commun Sydney Crosby, Marc Savard, Yan Laperrière et René Sergerie… Qui? René Sergerie? C’est qui ce gars-là? Mais diable que vient faire Sydney Crosby dans un article de SDV*MAG? Il est mentionné dans la même phrase avec René Sergerie seulement pour embellir le texte et avoir votre attention car lui aussi a eu une commotion cérébrale et est pogné avec le syndrome post commotionnel.

Maintenant que j’ai votre attention, vous vous dites certainement, « Ah non, pas un autre qui va nous parler des commotions cérébrales  ». »

Ben non, la vraie raison est que je m’ennuyais de vous, mes onze fidèles lecteurs, qui assidûment lient mes élucubrations. Encore une chance que je publie sur/dans? SDV*MAG avec un si nombreux et bon bassin de lecteurs. J’en ai quand même accroché onze! Que voulez-vous, on a la popularité que l’on mérite et je ne peux quand même pas trop en demander. Il reste que la rédaction de SDV*MAG est très patiente avec moi.

J’ai à peine menti car je vais vraiment vous parler du syndrome post-commotionnel et combien celui-ci peut-être sournois et débilitant. Souvenez-vous tout le long du texte que nous parlons ici d’un illuminé qui a déjà fait des Double Ironman dans le passé. Oui, je suis un gars extrême – un peu cinglé par moment mais quand même gentil.

Avant de vous parler du syndrome post-commotionnel, je me dois de vous donner le côté plate de mon histoire. Je vous demande donc d’être  patient et indulgent avec moi. Il faut bien une mise en situation quoi.

Donc,  le 6 juin 2010 au 70.3 de Mooseman,  je me plante en vélo.  J’ai pris une sincère et une extrême de belle fouille. Un petit tour d’ambulance américaine, une visite d’hôpital américaine et je reviens au Québec avec une commotion cérébrale, des nouveaux tatous de cycliste et encore d’autres nouvelles histoires de guerre à raconter.

Et oui, j’ai mangé un ciboulot de coup au coco. Mon «Jell-O» était en morceaux. Donc, pu de vélo, pu de boulot mais ben des dodos et une tonne de repos pour redevenir beau! (Je voulais juste que cela rime.) Puis en plus, j’ai besoin d’un nouveau casque de vélo. Je me sens comme un nono mais, ce n’est rien de nouveau.

Donc un mois demi plus tard, suite à un repos forcé dû à la commotion cérébrale, je recommence l’entrainement et, fin juillet, je fais  l’Ironman de Lake Placid. J’avais  quand même déjà payé mon inscription avec des beaux gros dollars américains pour y participer. La fin de semaine suivante, je participe au triathlon de Charlevoix. Oui, je sais, ce n’était peut-être pas ma meilleure décision. J’étais probablement encore commotionné!

Suite aux deux compétitions, je me sentais un peu fatigué mais quand même bien. Fin août, les problèmes extrêmes commencent : fatigue extrême, mal de tête extrême (je devrais plus tôt dire migraine extrême) et extrême sensibilité à la lumière. J’ai des tremblements et des étourdissements. Je ne peux même pas prendre une marche de 150 pieds sans retourner chez moi de peine et de misère et m’étendre et dormir car je n’ai tout simplement pas l’énergie pour effectuer une quelconque activité autre que dormir. Je dois arrêter le travail, mon entraînement et toutes mes activités. Le syndrome post commotionnel m’a rattrapé dans le détour et a décidé de s’installer chez moi.

Souvenez-vous que nous parlons toujours ici du même illuminé qui a fait des Double Ironman. Oui, je suis un gars extrême – extrêmement magané que je vous dirai!

En plus, je n’ai pas de mémoire à court terme. En plus, je n’ai plus de mémoire à court terme. Bah, je ne pouvais m’empêcher de faire la «  joke »! Sérieusement, ma mémoire en mange un coup. Il est vrai que par moment cela fût très pratique lorsque ma blonde me demandait de faire certains trucs qui ne me tentaient pas. Mais, plus sérieusement, c’est  vraiment troublant et épeurant de ne pas avoir de mémoire et d’être tellement perdu par moment que tu te retrouves dans une pièce de la maison et soudain tu n’as aucune idée pourquoi tu es là. 

Septembre, octobre, novembre, décembre, janvier et finalement février – comptez les –  et oui,  je serai sur le carreau pour six mois. Croyez-moi, j’ai tout fait pour revenir plus vite mais il n’y avait  rien à faire. J’ai dû me rendre à l’évidence et écouter les quatre intervenants qui m’ont pris en main, soit mon merveilleux médecin de famille, Jean, et les trois superbes personnes de l’unité de traumatisme cranio-cérébral (TCC) du centre François Charron (IRDPQ) du Québec. Il y avait Jean-François et Julie, mes deux neuropsychologues. Oui, oui, deux! J’ai probablement épuisé le premier même si ils ne me le diront pas. (Il a changé de poste qu’ils m’ont dit.)  Finalement, il y avait Nancy, mon ergothérapeute, qui m’a appris que c’était normal de prendre le temps de revenir.

Ils m’ont tranquillement et doucement remis sur pied. Une commotion cérébrale, n’en déplaise, est bel et bien un traumatisme crânien léger. Le cerveau devient comme du Jell-O qui a été brassé et qui s’est fragmenté. Il faut laisser le temps au Jell-O de reprendre sa forme initiale, comme m’a si bien imagé et expliqué mon ergo. J’ai fréquenté la merveilleuse unité TCC du Centre François Charron pendant ces six mois et j’ai découvert des gens passionnés, gentils, attentionnés, à  l’écoute et vraiment impressionnants dans leur intervention.

Je voulais juste vous dire et vous faire réaliser que si jamais vous avez un jeune ou une personne proche de vous qui subit une commotion, ou si vous-même subissez une commotion cérébrale, prenez le temps pour revenir sur pied. Le syndrome post-commotionnel est tellement une drôle de bibitte. Elle peut prendre son temps avant de se manifester et d’apparaître avec tous les symptômes que j’ai mentionnés plus tôt : maux de tête et migraines, sensibilité à la lumière, tremblement, fatigue extrême, état dépressif, perte de mémoire. Ce n’est pas une chose à prendre à la légère même si je peux vous en parler légèrement.

Pas besoin de vous dire que maintenant que je suis de retour sur pieds, je remords dans la vie. J’ai repris l’entrainement et je planifie faire un retour à la compétition au  Canadian Ironman d’Ottawa, en septembre. En espérant vous croiser un jour lors d’un prochain triathlon, je vous souhaite des sorties de vélos en toute sécurité.

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