ROUYN-NORANDA – Il existe deux types de course de vélo. Il y a celles où le soleil est au rendez-vous, la température est clémente et on peut sentir la fébrilité d’avant course qui règne chez les coureurs, tous souriants et motivés. Mercredi, on avait affaire à l’autre type, celui où il fait froid et gris, où l’atmosphère est lourde. Le genre de courses où il n’est pas nécessaire de s’y connaître en cyclisme pour voir que les coureurs savent que la journée sera longue, difficile et douloureuse.
Pour ceux qui n’ont pas assisté à la deuxième étape du Tour de l’Abitibi, laissez-moi vous décrire de quelle façon l’équipe nationale des États-Unis a complètement dominé les 106 kilomètres qui reliaient les villes de La Sarre et Rouyn-Noranda.
Avec à peine 5 bornes de franchies, on voyait déjà des maillots étoilés qui fusaient de partout. À un point tel qu’à un certain moment je me suis demandé s’ils étaient vraiment seulement six coureurs dans l’équipe. On pouvait voir au moins deux Américains dans chaque tentative d’échappée. Le visage serein, le doute ne semblait même pas être une option dans leur esprit. On aurait dit des soldats en quête d’une victoire qu’ils considéraient déjà comme la leur.
C’est à la mi-course très exactement que le coup gagnant s’est détaché du peloton. A pris la fuite un groupe de 10 coureurs comprenant quatre Américains, un Colombien, un Ontarien, un Mexicain et les Québécois Olivier Brisebois (Canada), Olivier Miclette (Québec) et Raphael Gagnon-Gascon (Spidertech PB/Powerwatts). Grâce à une bonne collaboration, ces derniers ont vite fait d’augmenter leur avance sur le peloton jusqu’à 1 minute. Cette cohésion entre les fuyards s’est brisée dès l’entrée du groupe dans la ville de Rouyn-Noranda. Avec 5 tours de 5,4 kilomètres à compléter dans les rues de la ville, les deux membres présents de l’équipe nationale des États-Unis ont lancé les hostilités avec plusieurs attaques fulgurantes. On a toutefois dû attendre l’avant dernier tour avant de voir Taylor Eisenhart (EU) et Olivier Miclette (Québec) fausser compagnie au groupe de tête. Ils ont tenu bon et c’est finalement Eisenhart qui l’a emporté au sprint par une demi-roue. Il prend du même coup la tête du classement général et du classement par point. Il termine la course en 2 heures 19 minutes et 21 secondes, 58 secondes devant le peloton. Le maillot bleu quant à lui, remis au meilleur junior première année, appartient maintenant au Mexicain Jorge Armando Moreno Martinez de l’équipe Major Motion.
Jeudi, auront lieu les 3e et 4e étapes, alors que les coureurs disputeront un contre-la-montre de 9.6 kilomètres en matinée puis enchaîneront avec l’étape Malartic – Rivière-Héva – Malartic en fin de journée.

Photo Hugo Lacroix / Tour de l'Abitibi -- Un cycliste passe devant des spectatrices plus ou moins attentives.

Photo Hugo Lacroix / Tour de l'Abitibi -- Deux coureurs qui passent à l'attaque.