MONTRÉAL – En pleine connaissance de cause, samedi soir, j’ai réglé mon réveil-matin pour 6h30, le lendemain.
Pourquoi me lever si tôt, vous me demandez? Pour allez faire quelques tours du même circuit que les cyclistes professionnels emprunteront plus tard dans la journée dans le cadre du Grand Prix Cycliste de Montréal.
Acte 1
À mon arrivée, vers 8 heures, j’y croise Philippe Gilbert et quelques-uns de ses coéquipiers de l’équipe Omega Pharma-Lotto. Au pied de la montée de Camilien-Houde, à l’endroit même où est écrit en gros caractères sur l’asphalte »GO ROSSI », je place une foudroyante accélération et j’arrive au sommet avec deux minutes d’avance et ce, même s’ils ont tout fait pour me rejoindre! Je me permets même de faire demi-tour, d’aller les rejoindre au 3/4 de l’ascension et de compléter celle-ci en leur compagnie, tout en les encourageant…
Vous avez devinez, je suis en plein délire et rien de tout ça n’est arrivé. Ce n’est que le fruit de mon imagination!
La réalité, la voici. D’abord, je précise que je pèse plus de 200 livres, alors tout ce qui est montées, côtes, ascensions, Camilien-Houde ou encore faux-plats… je les évite comme la peste. Mes rendez-vous avec la montagne sont aussi rares qu’un cycliste pro qui ne se rase pas les jambes, c’est vous dire… Aujourd’hui est une journée exceptionnelle, c’est celle du Grand Prix Cycliste de Montréal et, dans ce contexte, je suis prêt à faire exception à mes habitudes de cycliste amateur.
Donc, voici ce qui s’est passé réellement. J’ai fait, seul, trois tours du circuit. J’ai monté Camilien-Houde sans que le compteur indique moins de 12km/h ni, malheureusement, plus de 14km/h. J’ai assisté aux préparatifs d’avant-course d’une organisation réglée au quart de tour et, par la suite, je suis rentré tranquille à la maison avec un beau 10 km de plat.
Acte 2
Changement de vélo. Cette fois-ci, c’est en famille que je prends le chemin du Mont-Royal. Pas pour ses »tam-tam », mais pour assister au Grand Prix Cycliste De Montréal. Justement, cette course, ce parcours exigeant, ces coureurs cyclistes professionnels, cet événement grandiose et tout le reste qui l’accompagnent, ça fait quoi de le vivre »live » sur le bord de la route ?
De l’émerveillement. Le temps d’un après-midi, je suis un « ti-cul » qui capote vélo et qui assiste aux premières loges à ce spectacle. Je lis la même joie sur le visage de Martin Rooseboom et de Véronique Labonté, tous deux croisés dans Camilien-Houde.
Je suis époustouflé devant nos Québécois qui sont passés pros, je suis content pour eux, et qui sont dans le peloton. David Veilleux a terminé complètement à l’agonie, mais pendant un bref moment, il a mené le bal. J’ai aussi le souffle coupé devant une montée de Camilien-Houde à 26km/h de moyenne. Je m’émeus devant Philippe Gilbert qui chute, se relève et termine troisième (même s’il est déjà certain de terminer premier au classement UCI pour 2011)…
Bref, le vélo, quand on l’aime comme je l’aime, on fait volontairement abstraction de ses mauvais côtés pour n’en voir que les bons.
Une fois la course terminée, c’est le retour à la maison .
Demain matin, le cadran va encore me réveiller à 6h30,mais pour d’autres considérations. Zut!
Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas…