Me semble que je suis des minutes en retard sur mes temps de passage.
« Grand papa, tu n’as pas gagné de médaille? »
Non désolé monsieur, il n’y a pas d’autre catégorie après maître 50 ans+
Pierre Gendron, avec un bagage de 15 marathons, une centaine de courses à pied, environ 450 courses de vélo de montagne et quelques loppets plus ou moins longues, nous propose des chroniques d’humeur et petits comptes rendus pour nous faire vivre le plaisir du sport d’endurance et des lieux où il se pratique.
Vieillir dans un sport ce n’est pas juste faire un sport longtemps parce qu’on ne peut s’en priver, c’est aussi faire un sport depuis longtemps. Vieillir dans un sport implique qu’on réalise qu’on est au bout d’une progression, même à la fin d’un plateau de performance, en somme le début du déclin s’amorce.
Sérénité ou pessimisme?
Des signes de cet état de fait.
Sur un parcours d’entraînement de course à pied, (établi depuis longtemps parce qu’il a été étalonné; parce qu’il offre des endroits pour boire, pour aller aux toilettes, etc) les “temps de passage” s’étirent; les temps inscrits dans le log-book deviennent de plus en plus gros.
Vos compagnons d’entraînement du début cessent de s’entraîner comme vous et passent à la pratique récréative… et espacée du sport.
Votre première visite en début de saison dans un nouveau club “plus jeune” vous fait comprendre qu’ils ne passeront pas la saison à vous attendre. Vous décidez de ne pas payer la cotisation annuelle et de ne pas acheter le maillot. Ce sera écrit indépendant sur votre carte d’adhésion à la fédération.
En vélo, on aimerait, souvent, avoir un braquet de plus. C’est combien un BionX?
Les médailles auxquelles vous preniez goût ne sont que des souvenirs… dans une boîte au grenier. La cérémonie de remise des médailles se vit en bas du podium.
Les parcours de courses n’offrent plus de surprises, vous les avez tous faits. En vélo de montagne, vous vous souvenez d’une année à l’autre de l’emplacement de certaines roches et racines… qui vous reconnaissent à votre passage!
Vieillir dans un sport est un examen de conscience sur le “ pourquoi-on-fait-de-la-compétition-sportive“.
La pratique sportive pour un vieillissant (habituellement à la retraite) c’est:
-La difficulté de quitter régulièrement sa zone de confort pour sortir s’entraîner (mots croisés et café VS espadrilles et bitume) (Sleeman et Miss Vickie’s VS pédaler les 7 côtes urbaines de Québec)
-Les périodes de réchauffement prennent un temps fou à amener le “flow anesthésiant”
-Il y a souvent une petite douleur quelque part qu’on a pris l’habitude de nommer : inconfort
-On doit s’acheter de l’équipement neuf et se départir de vieux témoins et complices de tant de beaux moments
-C’est une collection de T-Shirt et plaques de vélo, tous remplis de souvenirs
-L’entraînement raisonné, c’est aussi le plaisir zen de la solitude, des envolées imaginaires: ton corps amène ta tête s’aérer
-C’est le plaisir de la douche chaude, du t-shirt propre qui sent bon la corde à linge et le corps en paix qui vient d’avoir sa dose d’endorphine et autres substances naturelles en… INE
Vieillir dans un sport de compétition et continuer d’en faire c’est de se forcer au dépassement, de ne pas céder à la facilité tout en sachant rester serein face aux résultats.
Prochain texte:
Rajeunir dans un nouveau sport
Touchant!
C’est un pur coureur. Quand on a ça dans le sang, il n’y a rien à faire. Bravo.
Inspirant, en souhaitant croiser sa roue encore longtemps dans les pistes. Santé !
Tu oublies les petits enfants qui sont tes nouveaux fans et leur grande fierté. Allez ,on continue pour un bain de plaisirs au Pentathlon. Le groupe des 60 ans et plus est si restreint que la médaille est déja à ton cou et la fierté dans les yeux de tes proches.
Merci Pierre de partager tes expériences avec nous. C’est inspirant de voir des p’tit vieux comme toi encore en pleine action ((-;
Pierre, félicitations pour cette belle chronique.
Tu étais radieux hier à l’arrivée du Défi nordique, la barbe pleine à craquer de glace et de «frimas de course».
Ça me fait toujours chaud au ♥ de te rencontrer un peu partout dans les courses et événements sportifs.
J’ai 53 ans et je ne suis pa un athlète aguerri comme vous mais je me retrouve beaucoup dans vos observations.