Et le vélo, dans tout ça?

On veut développer un réseau cyclable cohérent, associé à un réseau de transport qui l’est tout autant. Toutefois, quand il s’agit de poser les gestes concrets, de prendre des décisions souvent difficiles, les ardeurs s’étiolent.

Le «développement durable» n’est pas encore au même niveau que le (prétendu) «développement économique» traditionnel. Les retombées ne sont pas aussi évidentes. Y paraît.

À Québec, ces temps-ci, c’est le projet de tours à bureaux du groupe Cominar, sur le boulevard Laurier, qui suscite la controverse.

Que vient faire le vélo, dans cette histoire? Il est complètement évacué de la question. Pourtant, qui dit bureaux, dit travailleurs, dit déplacements, dit transport, dit automobiles, dit bouchons de circulation, etc… Ceux qui vivent ou travaillent dans les environs savent pourtant que l’accès à ce secteur, pour les cyclistes, n’a rien de rigolo.

Les résidants du secteur sont inquiets. Dans un article paru dans le quotidien Le Soleil (30 janvier), on décrit la grogne qui couve, parmi eux.

«Plusieurs jugent en effet leur quartier saturé et se plaigent notamment de la circulation, très dense aux heures de pointe dans ce secteur», mentionne le journaliste du Soleil qui, par la suite, rapporte les propos tenus par deux d’entre eux, lors d’une séance de consultation de la Ville, sur le projet immobilier (deux tours de 17 et 13 étages) à l’angle du boulevard Laurier et de la route de l’Église.

«Je n’ose même pas imaginer comment 1500 nouvelles voitures vont pouvoir se frayer un chemin là à chaque jour», a lancé Yvon Mercier, qui réside dans le quartier Saint-Yves.

«Le boulevard Laurier a été développé à coups de dérogations au zonage. C’est pour cette raison qu’il est laid et que (ses édifices sont disparates). Et là, vous êtes en train de refaire la même erreur», a souligné Robert Houle, lui aussi de Saint-Yves.

Voilà pour les citations tirées du Soleil.

Circulation automobile et qualité de vie, dans les quartiers résidentiels, ce n’est pas nécessairement synonyme. On s’entend là-dessus.

Encore une fois, les décideurs et les promoteurs manquent de vision. On ne peut s’opposer au développement, mais il y a ou il devrait y avoir des façons de le faire en respectant tout ce qui et tout ceux qui, éventuellement, vont en subir les conséquences.

Tant que tout projet de développement ne sera pas accompagné d’une vision environnementale où les déplacements par des moyens alternatifs, légers, n’y seront pas favorisés, il sera incomplet et inacceptable.

Mais la situation du boulevard Laurier n’est-elle pas une partie de l’héritage légué par une personne que, il n’y a pas si longtemps, on a failli canoniser? L’héritage d’une personne qui a déjà traité les cyclistes d’enfants gâtés? L’héritage d’une personne qui a empêché les cyclistes de circuler – même à pied, à côté de leur vélo – sur une plage longeant le Saint-Laurent? L’héritage des Morin et Beaudin qui l’ont précédée?

Pas très charitable, de ma part, de m’en prendre à quelqu’un qui ne peut plus se défendre. J’en conviens. Mais, pour expliquer le merdier actuel, il faut, parfois, remonter dans le temps…

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clemelin@sdvti.com

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