La perception des uns n’est pas nécessairement celle des autres. Même quand on exerce le même métier. On en a eu la démonstration, mardi, à l’arrivée des coureurs cyclistes venus d’Europe pour participer aux Grands Prix Cyclistes d Québec et de Montréal, en fin de semaine.
Une quarantaine de minutes après l’atterrissage de leur avion à l’aéroport Jean-Lesage, les coureurs se sont présentés devant les amateurs de vélo et les journalistes, pour lancer une semaine où la petite reine prendra beaucoup de place – malgré les élections – dans le paysage québécois.
Quelques-uns ont pu éviter la meute, mais impossible pour les favoris de se défiler. Thomas Voeckler, pour un, ne s’est pas fait prier. Tout comme Pierrick Féédrigo, Rui Alberto Faria da Costa, Peter Sagan et quelques autres. Nous vous présentons, plus bas, quelques entrevues ou parties d’entrevues réalisées avec Voeckler, Fédrigo, Faria da Costa et Geraint Thomas. Les deux premières, en français, bien sûr, celle de Faria da Costa (portugais) avec le directeur de l’équipe Movistar, Yvon Ledanois, qui a servi d’interprète, et la dernière, avec Geraint Thomas, en anglais.
L’impression globale tirée des propos entendus ? Les coureurs ont tous envie de donner le maximum et la victoire reste l’objectif ultime, pour soi-même ou pour son équipe, mais sur le reste, les opinions diffèrent. Ainsi, Thomas Voeckler ne se sent pas en mode préparation pour les Championnats mondiaux, qui auront lieu plus tard, en septembre. « Je ne viens pas ici pour préparer les championnats du monde, mais pour disputer les Grands Prix Cyclistes de Québec et Montréal. » Le vétéran de l’équipe Europcar estime que la meilleure préparation, pour les Mondiaux, c’est le Tour d’Espagne…
Mais d’autres coureurs voient les choses différemment et comme il s’agit de courses d’un jour, comme les mondiaux, ils voient dans ces épreuves en sol québécois une bonne façon de se préparer pour ces championnats.
Mëme chose pour la difficulté des parcours. Les uns opinent que Québec est plus difficile, plus sélectif, mais les autres croient que la course de Montréal représente un plus gros défi… ce que prétend Geraint Thomas, qui croit que la longue montée sur le Mont-Royal peut faire mal, très mal.
Pour revenir à Thomas Voeckler, il estime que son coéquipier québécois David Veilleux devra être pris au sérieux, en fin de semaine, « Sa récente victoire, en Italie, est significative. Cette épreuve (les Trois Vallées Varésines) n’a rien à envier à plusieurs courses du WorldTour. »
Voeckler, l’un des favoris, fera même son possible pour aider la coureur de Cap-Rouge, si la situation s’y prête. « Je n’exigerai certainement pas qu’il se mette à mon service », a-t-il insisté. Quant à ses chances de l’emporter, il évalue qu’elles sont toujours bonnes, même s’il reste prudent. « Il y a deux ans, ce fut une surprise, pour moi, de l’emporter à Québec car je ne pensais pas être en condition. Cette année, je pense l’être… » Avis aux intéressés !
Deux absents
Puisqu’on les attendait avec impatience, il faut rappeler que Cadel Evans a décidé de mettre un terme à sa saison (genou amoché). Il ne sera pas de la partie, tout comme Andy Schleck, victime d’une fracture au sacrum lors du Critérium du Dauphiné et insuffisamment remis pour disputer des courses de haut niveau.